Le coup du berger

Dans ce dernier chapitre, nous revenons au thème de l'ouverture ; je vais vous montrer un piège classique dans les parties de débutants. Vous ne pourrez pas vous targuer de valoir 1300 élo si vous tombez dedans.

Ce piège s'appelle le coup du berger. Dans d'autres langues il s'appelle le mat du cordonnier, le mat de l'écolier, ou, plus surprenant, le mat de Napoléon (en arabe et en grec).

Le piège

Voici le piège à l'oeuvre :

Edifiant n'est-ce pas ?

Il est quasiment impossible de mater plus rapidement sans le consentement de l'adversaire... Ce qu'il faut retenir de ce piège c'est que respecter les principes c'est bien, mais ça ne dispense pas de réfléchir, en particulier aux menaces de l'adversaire. Il ne s'agit pas de jouer mécaniquement des coups parce qu'ils respectent les principes.

La deuxième leçon un peu moins générale que l'on peut tirer est la faiblesse de la case f7 (respectivement f2). En effet prenons la position initiale :

Les pions f2 et f7 ne sont défendus que par les Rois. Ce sont donc des cibles particulièrement vulnérables. Nous aurons l'occasion de revenir sur cette idée à plusieurs reprises.

Comment parer ce piège

Le coup du berger, bien qu'impressionant, n'est utilisé que par les débutants car il ne respecte pas plusieurs principes de l'ouverture et n'est donc pas viable contre des joueurs un tant soit peu expérimentés. Le principe qui est bafoué est le développement rapide des pièces : les blancs exposent leur dame au lieu de sortir leurs pièces mineures, et prennent donc du retard de développement.

Voyons une manière de réfuter le coup du berger :

En bref, ce cours illustre l'importance de respecter les principes de l'ouverture, mais aussi l'importance de ne pas le faire de façon mécanique.

EXERCICES