Un exemple d'ouverture saine

Dans ce court chapitre, nous allons juste voir une partie qui servira d'exemple pour illustrer les principes que nous avons vu au dernier chapitre.

Observez comment chaque camp a respecté les 3 principes du chapitre précédent. Bien sûr, le jeu de cette partie est bien symétrique, mais prenez juste cette partie comme une illustration de ces principes, n'allez pas vous imaginer que c'est la seule manière correcte de jouer. Nous verrons à la fin du cours Objectif 1500 qu'il existe des centaines de façons différentes de commencer ses parties.

Le développement des fous et des cavaliers

Une autre règle importante dans les ouvertures dit qu'il vaut en général mieux développer ses cavaliers avant ses fous. Je ne l'ai pas rangée parmi les 3 principes fondamentaux parce qu'elle est moins générale que ces derniers, mais elle est tout de même importante.

Elle est principalement due à deux raisons.

La première est qu'il est en général plus facile de savoir où l'on va placer ses cavaliers que ses fous. En effet, on développe souvent ses cavaliers sur la case c3, f3, c6 ou f6 (selon le cavalier), ou plus rarement sur la case d2, e2, d7 ou e7. Cela fait donc en gros deux possibilités pour chaque cavalier.

Pour les fous, la question est bien plus compliquée, prenons par exemple la dernière position de la partie précédente :

Les blancs ont développé leur fou de cases blanches en b5 pour exercer indirectement de l'influence sur le centre. Ils auraient très bien pu le développer en c4, pour exercer directement de l'influence sur le centre, ou alors en e2, pour empêcher le clouage de leur cavalier f3.

De même, ils ont développé leur fou de cases noires en g5, ils auraient pu aussi le développer en e3 pour préparer l'avancée de leur pion de d3 à d4.

Enfin, il existe une manière courante de développer ses fous que nous n'avons pas abordée ici : le fianchetto. Ce mot vient de l'italien, il veut dire littéralement le petit côté. Il consiste à avancer d'une case un pion cavalier pour mettre le fou derrière.

L'avantage est que le fou est situé sur une grande diagonale, c'est à dire la diagonale a1-h8 ou h1-a8 qui sont les deux diagonales les plus longues de l'échiquier (8 cases). Il exerce une influence maximale sur le centre tout en étant à l'abri. L'ennui c'est que développer son fou en fianchetto est relativement long, et l'avancée du pion cavalier peut fragiliser l'aile, surtout si on veut roquer derrière.

On vient donc de voir que les fous ont beaucoup plus de possibilités que les cavaliers pour se développer. Mieux vaut donc attendre de voir où l'adversaire place ses propres pièces avant de les sortir.

Enfin, une autre raison pour laquelle on sort généralement ses cavaliers avant les fous est que, contrairement aux cavaliers, les fous ont la propriété d'être près (prêts) tout en étant loin. En effet, regardons la position suivante :

Le cavalier blanc en b1 n'exerce absolument aucune influence ni sur le centre, ni sur le camp noir. Au contraire, le fou c1, bien qu'il ne soit pas sorti exerce de l'influence jusqu'à la case h6. Il est donc plus urgent de mettre en jeu le cavalier que le fou.

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