Les trois règles de l'ouverture

Nous abordons enfin le thème de l'ouverture, je vais ici vous donner des conseils fondamentaux pour bien commencer vos parties.

Tout d'abord, quel est le but de l'ouverture ? Jetons un coup d'oeil à la position initiale :

On remarque que les pièces sont recroquevillées dans chaque camp et absolument pas prêtes au combat. La première étape de la partie consiste à les mobiliser de manière efficace pour le milieu de jeu qui va suivre. Le but de l'ouverture est d'atteindre une bonne position de milieu de jeu. Il y a des centaines d'ouvertures différentes, et le choix de l'ouverture dépend beaucoup du tempérament des joueurs et influe grandement sur la suite de la partie.

Cependant, il y a trois principes qui sont invariablement vrais pour toutes les ouvertures et que vous devez donc respecter.

Développer ses pièces rapidement

L'ouverture est en quelque sorte une course au développement des pièces, il s'agit de tout faire pour ne pas prendre de retard dans le développement. Le développement des pièces mineures (fous et cavaliers) doit au départ primer sur celui des pièces lourdes (dame et tours) qui sont plus précieuses et doivent donc rester à l'abri au début du combat. Voici quelques règles à respecter pour éviter de se retrouver en retard :

Eviter de jouer plusieurs fois la même pièce dans l'ouverture

Tant que toutes vos pièces ne sont pas sorties, mieux vaut généralement sortir une pièce qui est toujours à la maison que rejouer une pièce déjà développée.

Eviter les petites escarmouches

Il peut être tentant de vouloir le plus rapidement possible menacer l'ennemi, mais si vous perdez du temps à menacer par exemple un pion alors que votre adversaire se développe, vous allez avoir un gros retard dans le développement, comme le montre la partie qui suit :

Eviter d'exposer sa dame trop tôt

Si vous exposez votre dame trop tôt, l'adversaire va pouvoir développer ses pièces en la menaçant, ce qui lui permettra de gagner du temps. Voici un exemple de ce qu'il ne faut pas faire.

Occuper ou du moins contrôler le centre

Tout au long d'une partie d'échecs, la lutte pour le centre est fondamentale. C'est une des zones les plus importantes de l'échiquier.

Cela peut se comprendre à l'aide de la métaphore suivante : imaginez que vous deviez construire une caserne de pompier dans une ville. Vaut-il mieux la construire en centre-ville ou en périphérie ?

Si vous la construisez en périphérie, l'ennui est que si l'endroit diamétralement opposé se met à bruler, vous allez prendre beaucoup de temps pour y aller, alors que si vous êtes au centre, vous allez pouvoir rayonner dans toutes les directions.
l'importance du centre

Aux échecs, on désigne plus spécifiquement par centre les quatre cases centrales de l'échiquier. Le camp qui occupe le centre a les moyens d'attaquer et de défendre rapidement sur tous les côtés de l'échiquier, d'où l'importance d'occuper le centre, ou du moins de le contôler.

Dans la position ci-dessus, les cavaliers noirs ne sont pas du tout centralisés, ils exercent une influence très faible sur l'échiquier contrairement aux cavaliers blancs.

Dans cette position, les pièces noires sont centralisées, pourtant, les noirs n'occupent ni même ne contrôlent le centre. En avançant leurs pions, les blancs vont être en mesure de chasser les cavaliers des noirs et de les mettre sur le bord.

Mettre le Roi en sécurité grâce au roque

C'est le dernier impératif de l'ouverture. Dans la majorité des cas, on choisit le petit roque. Roquer permet à la fois de mettre son Roi à l'abri derrière une sorte de citadelle de pions et de lier les tours. Ce dernier point est aussi important, en effet, une fois que le Roi ne les gène plus en étant au milieu de l'échiquier, les tours peuvent enfin se mettre sur les colonnes centrales et exercer de l'influence sur le centre.

Les 3 commandements !

Il s'agit juste de récapituler ces trois principes qui doivent guider votre façon de jouer l'ouverture.